Eteindre ou allumer la lumière ?
Dans son livre « Le dernier qui s’en va éteint la lumière » Paul Jorion distingue quatre types d’attitudes face à la perspective d’une extinction de l’espèce humaine (p 244 op.cit.) :
- Première option : considérer que l’hypothèse de l’extinction prochaine est un mirage et l’ignorer en conséquence,
- Deuxième option : considérer qu’elle est vraie et s’en moquer,
- Troisième option : considérer qu’elle est vraie et qu’il y a quelque chose à faire,
- Quatrième option : considérer qu’elle est vraie mais qu’il n’y a au contraire plus rien à faire sinon le deuil de l’espèce.
Notre désir de rester optimiste ne doit pas nous conduire à une naïveté excessive ou à un déni total, pas plus qu’un pessimisme exagéré ne nous autorise à baisser les bras ou à nous abandonner à une humeur morbide et/ou mortifère. Ces deux familles d’attitudes d’apparence opposées ont en commun d’avoir abandonné le champ de la conscience active et donné trop de part à la raison et à l’intelligence. Les décennies qui s’ouvrent laisseront l’intelligence à la machine et exigeront de l’homme qu’il s’ouvre à la conscience. C’est la marche évolutive qui se présent à nous, une marche que nous pouvons franchir uniquement à titre personnel et individuel.
Cinq principes du Devenir Humain
- Retrouver l’estime de soi : celle qui résulte non de la consommation mais de la production créatrice et personnelle,
- Passer du travail à « l’œuvrage » : quitter le tripalium (racine latine du travail qui désigne un instrument de torture) et retrouver ce mix entre l’œuvre de l’artiste et l’ouvrage résultant de la main et de l’intellect que nous pourrions appeler « œuvrage »,
- Rechercher l’essentiel : privilégier non « l’avoir envie d’être », velléitaire et sans grand impact, mais « l’avoir en vue d’être », en discernant le nécessaire, l’essentiel et le superflu de nos besoins,
- Renouveler notre vision du progrès : le progrès du Devenir Humain n’est pas la quête du « toujours plus et toujours mieux » mais du « mieux avec moins »,
- Choisir l’incarnation comme lieu d’expérimentation : cette rencontre dans chaque cellule de notre chair entre l’Esprit et la Matière qui exige que nous habitions plutôt que nous occupions chaque espace où nous sommes, chaque lieu que nous sommes.