L’être Humain, espèce en voie d’apparition

L’évolution biologique passive de l’être humain le conduit aujourd’hui à s’interroger sur sa fin.

Va-t-il disparaître ? [1]

Va-t-il être remplacé par la machine ? [2]

Va-t-il devenir cet homme augmenté, prolongé vivant jusqu’à 1000 ans ? [3]

Ce qui se joue en ce début de millénaire c’est la place de l’homme dans l’avenir de la planète Terre. Car s’il ne fait presque aucun doute que l’avenir de la seconde est assuré pour quelques millions d’années, sauf cataclysme extra-planétaire, certains prédisent en revanche la fin possible de l’humanité avant la fin du millénaire. D’imaginer alors que l’être humain tel que nous le connaissons disparaisse pour laisser la place à une autre « forme » d’humanité, il n’y a qu’un pas que franchissent d’illustres têtes pensantes, tels que MM.Kurweil,  Rees [4] ou Moravec [5]. Quelle que soit notre conviction sur le sujet, c’est au mieux un travail de deuil que nous devons commencer et qui concerne (déjà) nos enfants et nos petits-enfants. Si la mort semble être au premier plan de notre histoire en ce début de millénaire, ne nous y trompons pas, c’est une mort qui suggère aussi une interrogation nouvelle sur la finitude, sur la fin et la finalité de notre espèce et aussi une interrogation sur la vie dans et hors l’espace/temps. Le transhumanisme nous apporte sa réponse et nous offre des années qualitatives de bonus. Mais est-ce bien la direction que nous imaginons pour l’évolution de notre propre espèce, vers cette immortalité refoulée qui ne dirait pas son nom ?

Vers la vie sans mort ?

Une question folle en apparence mérite d’être posée qui concerne la possibilité pour l’espèce humaine d’une vie sans mort comme prochain palier d’évolution. Jusqu’à présent, nous avons fait de la mort une barrière infranchissable pour chaque individu de l’espèce et cette finitude affirmée pèse désormais sur la survie de l’espèce. C’est une question qui mérite un cadre et qui requiert les contributions issues de la science et de la spiritualité. Le temps nous presse de passer d’une évolution passive à une évolution active.

Là où certains philosophes [6] déplorent « la fin du courage », des sociologues [7] constatent « la fatigue d’être soi » qui frappent notre vieille espèce, traînant deux millénaires d’agonie jusqu’aux portes du troisième. Il est un mot désuet qui trouve ici un emploi adapté pour décrire notre commune attitude d’espèce moribonde : la pusillanimité, cette faiblesse qui nous pousse à ne pas prendre nos responsabilités. Homo Sapiens est ce pusillanime. Il doit franchir la marche de sa prochaine étape d’évolution et il lui manque à peu près toutes les qualités pour cela tant qu’il continue à déconsidérer le potentiel dont il est doté.

A l’heure où la physique quantique livre une étonnante compréhension de la matière, de l’espace et du temps, il n’est plus temps d’opposer la science et la religion mais d’engager toutes nos forces dans une compréhension sans précédent entre l’Esprit et la Matière depuis le champ d’expérimentation que représente le corps humain jusqu’à la dernière de ses cellules.

Il manque parfois, dans l’histoire des hommes, des circonstances et des motifs pour provoquer des changements hors du commun. Il n’y a plus en ce siècle ni héros, ni hommes providentiels (qui y croirait ?) et les grandes causes sont devenues trop nombreuses pour en choisir une seule. Si nous devons trouver une porte (étroite) pour faire durer l’homme sur cette planète alors peut-être faut-il nous aménager un espace pour cela et donner de l’importance, de l’urgence et de la priorité au but. C’est le projet d’Effuse que de devenir ce contenant, cet espace, cette plateforme consacrée à la recherche, l’expérimentation, la formation et l’accompagnement, à l’évolution de l’espèce humaine, au Devenir Humain.

 

[1] Cf. Yves Paccalet – « L’humanité disparaîtra, bon débarras » – Arthaud Ed. – 2013, et surtout Paul Jorion « Le dernier qui s’en va éteint la lumière » – Fayard Ed. – 2016.

[2] Victoire d’Alpha Go (machine construite par Google) contre Lee Sedol (humain et champion du monde de jeu de go) en mars 2016.

[3] Cf. Singularity university – Ray Kurzweil – www.singularity.com

[4] Martin Rees – « Notre dernier siècle ? » – J.C. Lattes Ed. – 2004

[5] Hans Moravec – « Mind children » – Harvard University Ed. – 1990

[6] Cynthia Fleury – « La fin du courage » – Fayard Ed. – 2010

[7] Alain Ehrenberg – « La fatigue d’être soi » – Odile Jacob Ed. – 2000